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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 16:21
La décision du Conseil constitutionnel tant attendue par la plupart des médias (une fois passés les résultats des Jeux Olympiques et autres faits divers bien sûr) est fixée depuis le 9 août : le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l'Union économique et monétaire (TSCG ou « pacte budgétaire ») pourra être ratifié par une simple majorité absolue au Parlement. Explications sur ce qui se trame en ce moment en pleine période estivale, toujours propice à faire passer "doucement en force" les pires turpitudes sociales.
 
Un Maastricht renforcé
Acté lors du sommet européen de décembre 2011, signé début mars 2012 en Conseil européen par les chefs d’États et de gouvernements de vingt-cinq pays membres de l'Union européenne, le TSCG entrera en vigueur le 1er janvier 2013 si douze pays l'ont ratifié d'ici là. Censées constituer une solution à la « crise » dans laquelle se trouve l'UE, et notamment la zone euro, les dispositions du TSCG (combiné au « two-pack » adopté par le Parlement européen en juin dernier grâce aux votes des socialistes, des Verts et du parti populaire européen) reprennent sans surprise les ingrédients idéologiques dont rêvaient les opiniâtres de l'orthodoxie économique : dette publique limitée à 60% du PIB, déficit public à 3% et déficit structurel à 0.5%. D'ailleurs, le seul fait d'oser prendre en compte le déficit structurel est bien le signe que les initiateurs de ce traité rêvaient bel et bien. En effet, sa mesure ne fait absolument pas l'unanimité, varie selon les économistes et dépend d'un certain nombre d'hypothèses. Ce qui est sûr, c'est que le sauvetage des banques n'en fait pas partie puisqu'il s'agir d'une mesure conjoncturelle. On imagine bien que la Commission européenne, en charge du calcul de ce déficit, prendra les hypothèses les plus défavorables à l'investissement public. Pour information, le rapport annuel de la Cour des comptes indique que le déficit structurel de la France était de 5% du PIB en 2010, soit près de 97 milliards d'euros. Ainsi, c'est une économie de plus de 87 milliards d'euros (s'il n'y a ni croissance ni récession) que le gouvernement Ayrault devra mettre en œuvre pour le ramener à 0.5% du PIB... soit une saignée à côté de laquelle les plans d'austérité du gouvernement Fillon ressembleront presque à de la relance keynésienne !
 
Omnipotence de la Commission, délation, punition, déflation
Cette fois-ci, pour s'assurer du respect des critères, le TSCG impose au pays la mise en place de « mécanismes automatiques de correction ». Si la dette publique dépasse 60% du PIB, l’État devra la réduire en trois ans, au rythme d'un vingtième par an. Facile ! Dans le cas français, cela ne représente « que » 26 milliards d'euros par an, c'est-à-dire plus deux fois moins que le budget d'un des symboles de l'« étatisme », donc de la « servitude » et du « fascisme » : l’Éducation nationale  ! Toujours à propos des sanctions, un mécanisme imposé par la Commission sera mis en œuvre en cas de dépassement du déficit structurel autorisé de 0.5% du PIB. D'ailleurs, les sanctions décrétées par la Commission seront automatiques à moins que les États ne s'y opposent à la « majorité qualifiée », soit à 60% hors vote de l’État concerné. Autant dire que s'y opposer sera impossible puisque la Commission pourra toujours compter sur le bienveillant soutien des pays de « l'Europe du nord », l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande et les Pays-Bas. Le TSCG substitue aussi la délation à la solidarité : un État dont le budget est pointé du doigt par un rapport de la Commission pourra être traîné devant la Cour de justice de l'UE par les autres États ayant ratifié le traité. L’État fautif devra alors expier ses péchés en payant une amende pouvant aller jusqu'à 0.1% de son PIB. Oui, dans le monde imaginaire des rédacteurs de ce traité, un pays en proie à des difficultés financières peut se payer le luxe de régler une amende. S'agissant des réformes structurelles que ce traité va, tôt ou tard, imposer aux États, inutile d'être très imaginatif-ve pour en saisir le contenu : « réforme » du marché du travail, réductions salariales, privatisations, baisse des dépenses publiques (santé, éducation, retraites...). En bref, on ne change pas une équipe qui gagne ! Ce n'est pas comme si ces recettes n'avaient pas fait leurs preuves en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande, en Italie, au Royaume-Uni (et encore, la liste est longue si on remonte jusqu'aux années 1970) : des pays en plein boom économique aujourd'hui ! Le TSCG nous réserve même une petite surprise en posant les bases d'une stratégie implicite pour la convergence, grand défaut structurel de la zone euro. En effet, afin de pallier l'impossibilité pour les pays de dévaluer leur monnaie, le recours aux dévaluations internes sera désormais préconisé. Ainsi, il sera demandé aux pays en difficulté à cause de leur compétitivité de baisser leurs prix et leurs salaires de 10-20-30% pour avoir le même effet qu'une dévaluation, c'est-à-dire des importations plus chères et des exportations plus compétitives. La déflation, quelle bonne idée !
 
Changement d'objectif du Conseil constitutionnel : garantir l'intégration européenne
En jugeant le TSCG compatible avec la constitution française, le très conservateur Conseil constitutionnel français n'a pas manqué l'occasion de montrer ses préférences politiques. Contrairement à ce que prétendent les grégaires slogans médiatiques, ce n'est pas la « règle d'or » qui était susceptible de nécessiter une révision constitutionnelle puisque le traité n'impose pas de l'inscrire dans la constitution pour l'intégrer dans le droit national. Le véritable problème est le transfert de souveraineté qu'impliquent plusieurs dispositions de ce traité. Le caractère automatique des mécanismes de correction, la possibilité donnée à la Cour européenne d'infliger des amendes, la mise sous surveillance des budgets nationaux par la Commission, en somme les articles 3, 4 et 5, sont censés être inédits et constituer une entrave « aux conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale » pour reprendre une expression déjà utilisée par le Conseil constitutionnel. Le Royaume-Uni et la République Tchèque ont d'ailleurs catégoriquement refusé de signer ce traité considérant que la fiscalité relève de la souveraineté nationale. Apparemment, ces deux pays sont les seuls à avoir compris que le TSCG ampute la raison d'être première du Parlement, à savoir le pouvoir de décider des recettes et des dépenses.
 
Du compromis à la compromission
La bienveillance du Conseil constitutionnel épargne donc des sueurs froides au président François Hollande. Car, ironie de l'histoire, c'est bien un exécutif socialiste qui va présenter au Parlement ce traité d'austérité à vie, élaboré et signé par son prédécesseur Nicolas Sarkozy. Bien que l'expression « sueur froide » soit ici exagérée puisque Hollande, qui garde un très mauvais souvenir de 2005, n'aurait jamais pris le risque d'organiser un référendum (et oui, la démocratie, c'est dangereux parfois!), une révision constitutionnelle via le Congrès aurait eu le mérite de faire parler d'elle et de susciter des réactions en masse. Les « hollandistes » (?) de la première heure trouveront sûrement cette diatribe bien doctrinaire, car après tout, Hollande a toujours dit qu'il ratifierait ce traité et, étant donné que la majorité des Français l'a choisi comme président, c'est la preuve qu'ils savaient à quoi s'en tenir. Mais c'est justement là que le bât blesse. François Hollande avait fait de la renégociation du traité une condition sine qua none de la ratification du traité. Parmi ses soixante engagements, la proposition numéro 11 est la « réorientation de la construction européenne », qui stipule : « Je renégocierai le traité européen issu de l'accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l'emploi et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction. »1 Dans un élan électoraliste destiné aux électeurs potentiels du Front de Gauche, il avait même évoqué la remise en cause des sacro-saints statuts de la BCE pour que cette-dernière prête directement aux États !
Or, la renégociation du traité n'a pas eu lieu. En effet, malgré les effets d'annonce au lendemain du Conseil européen des 28 et 29 juin 2012, le « pacte pour la croissance et l'emploi » prétendument arraché au gouvernement allemand n'est qu'une tromperie de plus. Tout d'abord, il n'y a pas eu renégociation du TSCG en lui-même puisqu'il sera signé sans modification, le pacte étant un simple « ajout ». De plus, il est bien précisé dans le pacte qu'il s'appuiera « sur l'ensemble de mesures arrêtées lors des précédentes réunions », à savoir quand Sarkozy et Merkel menaient l'UE. Le pacte rappelle également qu'il respectera « le cadre des efforts d'assainissement budgétaire intelligent qui sont actuellement déployés ». Les effets d'annonce s'appuyaient donc sur le seul changement, les 120-130 milliards d'euros accordés à « la croissance », soit moins d'1% du PIB européen. Impressionnant n'est-ce pas ? En guise de comparaison, la BCE a prêté plus de 1 000 milliards d'euros à 1% aux banques entre la fin de l'année 2011 et le début de l'année 2012, sans que l'économie réelle n'en voie la couleur. Et on passe de la tromperie à la farce quand on précise que ces 120-130 milliards viendront des « fonds structurels » inutilisés, à savoir ceux qui auraient dû être affectés aux régions européennes les plus pauvres ainsi que les DOM-TOM français (les « zones ultra-périphériques » selon la novlangue européenne). Enfin, pour avoir la certitude que les États n'augmenteront pas la dépense publique, ces fonds cofinanceront des projets conclus entre les États et le secteur privé. Il faut donc être soit candide, soit de mauvaise foi, soit malhonnête (l'un n'excluant pas l'autre) pour prétendre que ce « pacte » est digne de la « renégociation » promise par Hollande. D'autant que cet échec était prévisible depuis février 2012, quand Hollande a donné pour consigne aux parlementaires socialistes de s'abstenir lors du vote du Mécanisme européen de stabilité (MES). Ce choix était justifié par l'espoir que ce MES renforcerait « la solidarité européenne » et que cette question était « déconnectée » de celle du TSCG. Il est pourtant précisé dans le traité du MES que « le présent traité et le TSCG sont complémentaires dans la promotion de la responsabilité budgétaire et de la solidarité au sein de l'Union économique et monétaire ». Pour bénéficier de l'aide du MES, il faut avoir signé le TSCG, donc se soumettre à l'austérité à vie. Ainsi, si Hollande eût été cohérent, n'aurait-il pas appelé à voter contre le MES pour mieux renégocier le TSCG ?
 
Quand la question européenne réunit les (prétendus) adversaires
La manœuvre du président est tellement ratée sur le plan politique qu'elle ne fait même pas consensus au sein de la majorité présidentielle. Plusieurs parlementaires socialistes et verts ont déjà annoncé qu'ils ne voteront pas ce traité. La sénatrice de l'aile gauche du PS, Marie-Noëlle Lienemann, a déjà fait savoir qu'elle ne soutiendrait pas cette « stratégie débile d'austérité généralisée » et que « la majorité du peuple de gauche est défavorable à ce traité ». Il est donc inutile d'adhérer à l'ignoble idéologie « néocommuniste » du Front de gauche (qui réclame un référendum et votera contre) pour tenir de tels propos. Pour minimiser les risques de dissidence au sein de la majorité, les parlementaires auront à se prononcer sur un ensemble englobant le TSCG, la supervision bancaire européenne, la taxe sur les transactions financières et le pacte de croissance. Si cela ne suffit pas, Hollande pourra toujours compter sur l'aide généreuse de la plupart des parlementaires centristes et UMP. Le porte-parole de l'Union des démocrates et des indépendants, Jean-Christophe Lagarde, a bien dit qu'« à chaque fois que le PS aura des soucis avec le Front de gauche, il pourra toujours trouver des partenaires à droite ». Quant aux parlementaires UMP, s'ils veulent garder un minimum de cohérence politique, ils ne devraient pas avoir trop de mal à voter pour un traité conçu par Sarkozy.
 
Une fois de plus, la fuite en avant technocratique (mais est-ce justifié de parler de « fuite en avant » alors qu'il s'agit d'un phénomène récurrent depuis plusieurs décennies?) de l'UE ne peut se mettre en œuvre qu'en écartant les citoyens des processus de décisions, au détriment de la démocratie : textes rédigés dans l'opacité la plus totale, quasi-monopole du pouvoir décisionnel accordé à des institutions non-démocratiques (Commission et Cour de justice) et donc recul de la souveraineté nationale. Mais après tout, comme l'a dit Claude Guéant il y a quelques mois pour justifier la non-consultation des citoyens français : « la gouvernance de l'Union européenne n'est pas de nature à influencer la vie des Français. » Si Claude Guéant le dit, nous voilà rassurés ; il n'y a plus qu'à tout « laissez-faire, laissez-passer » pour les beaux yeux de l'UE.
 
Sarah MASSON
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Petite vidéo sur le MES ratifié en France en mars par l'Assemblée Nationale et le Sénat. Très intéressant ...
 
1C'est moi qui souligne.
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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 23:35

Depuis plusieurs semaines, on ne compte plus le nombre de manifestations en Espagne, au Japon, en Israël ou encore au Québec. Vaste territoire habité par 120 millions de personnes, le Mexique fait aussi partie de ces pays en révolte. En effet, de Cancún à Guadalajara en passant par l'État du Yucatán, Mexico, et même les capitales étrangères, les manifestations se multiplient depuis le début du mois de juillet. La « Méga marche pour une démocratie authentique » du 22 juillet a réuni plus de 100 000 personnes dans le centre-ville de Mexico. Largement minimisées, voire ignorées par la plupart des médias occidentaux, ces protestations de masse contre la victoire d'Enrique Peña Nieto à l'élection présidentielle du 1er juillet ne sont pas prêtes de faiblir d'ici au 1er décembre prochain, date à laquelle Enrique Peña Nieto sera officiellement investi si le Tribunal électoral fédéral valide l'élection malgré les multiples preuves de fraude.

L'élection présidentielle du 1er juillet 2012 a vite été contestée par une grande partie de la population mexicaine. Ce qui est sûr, c'est qu'elle a mis fin à douze années de règne du Parti d'action nationale (PAN, droite) en plaçant sa candidate, Josefina Vázquez Mota, à la troisième place avec 25.4% des voix. La controverse a donc porté sur le résultat d'Enrique Peña Nieto, le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (étrange oxymore soit dit en passant), qui aurait remporté cette élection avec 38.14% des voix, soit près de 7 points de plus que son adversaire du Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche), Andrés Manuel López Obrador. Quelques heures après l'annonce des résultats officiels, López Obrador les a qualifiés de « frauduleux » et a demandé un recomptage des voix. Loin de ramener le calme après une campagne électorale agitée, notamment par les enjeux de sécurité intérieure, l'annonce des résultats fut l'élément déclencheur de mouvements sociaux de masse pour la défense de la démocratie.

« No a la imposicion ! »

Les élections de 2012 ne sont pas les premières à pousser les Mexicains dans les rues contre ce qu'ils appellent « l'imposition » du candidat de tel ou tel grand parti politique lié à l'oligarchie mexicaine. En 1988 déjà, le PRI et son candidat Carlos Salinas de Gortari avaient miraculeusement remporté les élections face à Cuauhtémoc Cárdenas, fondateur du PRD, après une « défaillance » du système informatique alors que celui-ci s'apprêtait à mettre fin à cinquante-neuf ans de mainmise du PRI sur la présidence. Les élections de 2006 ont constitué un autre cas de fraude aussi flagrant. Alors que l'oligarchie avait aisément supporté la victoire du PAN en 2000, après plus de soixante-dix années de règne du PRI, il lui était insupportable de laisser gagner López Obrador lors des élections de 2006. Ce dernier menaçait en effet ses privilèges puisqu'il voulait mettre en œuvre des politiques en faveur des pauvres. Alors que López Obrador était bien parti pour gagner les élections, la tendance s'est finalement inversée en faveur de Calderón (PAN), qui a gagné avec une avance de 0.56 point ! Cette grossière tricherie a provoqué l'insurrection de toute la gauche qui a bloqué le centre de Mexico pendant six semaines pour faire annuler l'élection, en vain.

Une campagne électorale corrompue par les médias

S'agissant des élections de 2012, la violation de la démocratie a commencé dès le début de la campagne électorale. Le principal problème ? L'attitude antidémocratique des médias dominants, et en particulier du duopole des chaînes privées Televisa et Azteca. Une enquête du quotidien britannique The Guardian a révélé que Televisa avait perçu d'importantes sommes de la part du PRI pour lui donner une image « nouvelle » et faire oublier de longues décennies calamiteuses au pouvoir. On comprend mieux l'évidente partialité de la chaîne à son égard, celle-ci n'hésitant pas à se positionner constamment en sa faveur et à relayer de fausses informations au sujet de López Obrador, quand il ne s'agissait pas de l'accuser de « populiste » ou de vouloir imposer le modèle cubain au Mexique.
En plus de ses sommes importantes versées à la chaîne, Peña Nieto avait tout pour plaire aux élites économiques mexicaines et aux médias : homme jeune au mariage médiatisé avec une actrice de Telenovela, béni par le Pape à Rome, gouverneur de l'État de Mexico jusqu'en 2011, candidat d'un parti centriste appartenant à l'Internationale socialiste et qui fait sienne l'idéologie néolibérale, Peña Nieto représentait le seul capable d'empêcher López Obrador d'accéder au pouvoir, le PAN étant largement discrédité après douze ans d'échecs au pouvoir (et notamment à propos de la « guerre contre le trafic de drogues » qui a fait plus de 60 000 morts ces cinq dernières années).

Cette confiscation du débat démocratique par les médias a vite été contestée par les étudiants du mouvement « # Yo soy 132 » (« Je suis le 132e »). Celui-ci s'est formé le 11 mai dernier à l'occasion d'une manifestation organisée contre la venue de Peña Nieto à l'Université ibéroaméricaine de Mexico et contre le duopole médiatique. Le nom même du mouvement provient d'une vague de solidarité à l'égard d'une vidéo où cent trente et un manifestants présentaient leurs cartes d'étudiant en réponse au mensonge de Peña Nieto qui les avait qualifiés de « faux étudiants ». Chaque nouveau soutien se présentait alors comme étant le « 132e ». Le mouvement, qui s'est allié avec les mobilisations étudiantes québécoises et chiliennes, fut rapidement rejoint par des étudiants d'universités publiques et privées. Ces jeunes issus principalement de la classe moyenne ont tenté, avec un certain succès, de répéter le « printemps arabe » (selon leurs propres mots) en organisant notamment des occupations de places. La jeunesse mexicaine a d'ailleurs réussi à ébranler sérieusement le duopole de l'information grâce aux réseaux sociaux. Même si le mouvement n'a pas directement soutenu López Obrador, il a clairement appelé à battre le candidat du PRI et s'est directement mobilisé après les résultats pour recueillir suffisamment de preuves d'une fraude massive afin de faire invalider les élections. Par ailleurs, « # Yo soy 132 » s'est attiré la sympathie de toutes les catégories opprimées (à l'instar des ouvriers et des homosexuels), renforçant ainsi sa légitimité.

Un PRI converti à la démocratie après tant d'années de dictature ?

Dans la droite ligne de son parti qui contrôle la moitié des États mexicains et dont les méthodes de voyous sont aujourd'hui de notoriété publique (après l'organisation systématique de fraudes électorales durant le 20e siècle, quand le président n'était pas désigné par son prédécesseur), Peña Nieto fait l'objet de multiples accusations de violation de la loi électorale de la part de « # Yo soy 132 » et de López Obrador. Ce dernier a d'abord réuni les preuves que le PRI a dépensé entre dix et treize fois plus que montant limite légal de campagne. De plus, il accuse le PRI d'avoir directement acheté cinq millions de voix, ce qui fausserait totalement les résultats des élections puisque son avance officielle n'est que de trois millions de voix. Si l'on en croit les recomptes citoyens effectués par le site « YoSoyAntiFraude » (« Je suis contre la fraude »), les scores de deux candidats seraient pratiquement inversés, à savoir 38.8% pour M. López Obrador et 32.3% pour Peña Nieto ! L'équipe de López Obrador a réuni des documents prouvant que tout cet argent, suspecté de provenir du trafic de drogues, a été transféré entre des entreprises de façade pour acheter des cartes de débit prépayées, d'une valeur totale de 108 millions de pesos (6.7 millions d'euros). Ces fameuses cartes de débit prépayées sont une des principales sources d'indignation des citoyens mexicains, car elles corrompent le vote : distribuées par milliers dans des circonscriptions très pauvres, elles ne sont activées qu'en cas de victoire et permettent d'acheter dans les supermarchés de la chaîne Soriana, laquelle a d'ailleurs maladroitement conservé la ligne « PRI » sur ses tickets de caisse. « YoSoyAntiFraude » a également regroupé des cas de fraude informatique (quand la personne chargée d'entrer les résultats du bureau de vote les modifie grossièrement). Enfin, le seul droit de vote de nombreux citoyens a été violé de multiples façons : assignation dans un bureau de vote lointain de l'habituel, décision officielle de mettre à la disposition des électeurs dans l'isoloir des crayons à papier pour qu'ils cochent le nom de leur candidat, intimidations et violences physiques. Les preuves de fraude ne manquent donc pas. D'ailleurs, López Obrador a envoyé le 17 juillet dernier une contestation judiciaire réclamant l'annulation de l'élection présidentielle au deuxième plus haut tribunal électoral du Mexique, le Tribunal électoral fédéral.

Des intérêts particuliers inconciliables avec la volonté générale

Pour l'instant, il est difficile de dire quel sera l'aboutissement de la procédure, d'autant plus qu'en cas d'annulation, l'oligarchie mexicaine aurait trop à perdre. Car c'est là que se situe l'enjeu principal : la classe dirigeante mexicaine, qui a tiré tant de profits des politiques néolibérales et de la prétendue « guerre contre le trafic de drogue », peut-elle s'incliner devant la souveraineté populaire ? López Obrador, bien que plus modéré que ses camarades socialistes sud-américains Hugo Chávez et Rafael Correa, veut tout de même rompre avec les politiques néolibérales menées par le PRI et le PAN depuis plusieurs décennies. Il est très populaire dans les classes les moins favorisées des zones rurales ou urbaines marginalisées. En 2012 il a aussi obtenu le soutien des petites et moyennes entreprises et des commerçants qui souffrent terriblement des monopoles privés qui dominent le pays depuis la vague de privatisations. Il n'est alors pas étonnant que l'oligarchie mexicaine fasse tout pour propulser Peña Nieto au pouvoir, lui qui a promis de continuer les politiques de libéralisation économiques de la droite qui ont accru les inégalités et la pauvreté, le Mexique étant devenu le second pays le plus inégalitaire de l'OCDE et habité par 52 millions de personnes (46% de la population) vivant officiellement sous le seuil de pauvreté.

Peña Nieto, candidat officiel des Etats-Unis

Comme souvent lorsqu'il s'agit d'élections en Amérique latine, les intérêts des États-Unis sont portés par le candidat de l'oligarchie. Les enjeux sont à peu près les mêmes à chaque fois : d'une part, le contrôle du commerce continental et des ressources pétrolières, et d'autre part, la militarisation du continent pour assurer une hypocrite « guerre contre le trafic de drogue » initiée par George W. Bush et pérennisée par Barack Obama. Cette « guerre contre le trafic de drogue » peut être qualifiée « d'hypocrite », car les États-Unis n'ont aucun intérêt à l'arrêter, bien au contraire. Selon le rapport d'une commission de l'ONU contre les drogues et le crime, la grande majorité de l'argent du trafic de drogues est blanchi par les six plus grandes banques des États-Unis. De plus, le trafic de drogues est vital pour leur politique étrangère puisqu'ils l'utilisent comme prétexte pour déstabiliser le continent puis y créer des bases militaires partout. C'est exactement ce qu'ils font en Amérique centrale et plus précisément au Mexique depuis plus de cinq ans, notamment via l'"Initiative de Mérida" initiée par l'administration Bush en 2007 puis prolongée par l'administration Obama dans le cadre de la campagne des Etats-Unis contre le trafic de drogues. Censée être un plan d'aide de près de 2 milliards de dollars, l'initiative ne profite que très peu aux pays bénéficiaires. En effet, la grande majorité des fonds ne sortent même pas des Etats-Unis puisqu'ils permettent de financer l'entretien, la modernisation et l'accroissement de leurs forces militaires sur place. Peña Nieto a bien compris ces enjeux puisqu'il compte renforcer l'ALENA et la militarisation du pays avec l'aide des États-Unis. On saisit donc bien pourquoi ces derniers n'ont pas intérêt à ce que le Mexique bascule dans le camp anti-impérialiste avec l'arrivée de López Obrador à sa tête.

C'est parce que « #Yo Soy 132 » n'hésite à poser ouvertement les problèmes structurels du pays que sont la pauvreté, la corruption, le capitalisme mafieux, la violence effrénée, la récession économique, le contrôle de l'information et l'indépendance nationale, qu'il retire chaque jour de la résignation habituelle des milliers de citoyens de tous les milieux sociaux et que la mobilisation sociale ne semble pas arriver à sa fin ; chose que la classe dirigeante mexicaine était loin d'anticiper.

 

Sarah MASSON

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 17:53
Le shadow banking, en fait la finance de l’ombre, est peu connu du grand public et ne semble guère intéresser nos journalistes et analystes en tout genre. Le sujet n’a d’ailleurs, même pas de page Wikipédia en français, ce qui est bien dommage. Heureusement qu’il y a le
livre vert de la Commission Européenne  du 3 mars 2012 intitulé « Le système bancaire parallèle » pour nous informer. Cette information est tout de même restée relativement confidentielle alors que ce qui est induit par le Shadow Banking est en grande partie l’origine de la crise que les états et les citoyens notamment européens traversent actuellement. Tout cela ne semble être que les prémisses d’une catastrophe économique et sociale majeure …
 
 
Selon Michel Barnier , Commissaire Européen au Marché Intérieur et aux Services, le Shadow banking représente « entre 25 et 30% des actifs gérés par l'ensemble du système financier » , soit officiellement environ 46.000 milliards d'euros.
Cette estimation officielle est largement sous-estimée et Marc Roche, expert financier au Monde, auteur de l’ouvrage « Le capitalisme hors la loi » estime dans une longue interview accordée au Monde que « … la place de ce que j'appelle le "capitalisme hors la loi", c'est-à-dire non réglementé, est désormais supérieure au poids de la sphère financière régulée et transparente. La crise des crédits à risque subprimes de 2008-2009 a accentué le poids de cette économie souterraine, puisque ses acteurs ont pu compenser leurs pertes et garder leurs profits grâce au recours à cette finance parallèle, légale, mais profondément immorale : conflits d'intérêts, évasion fiscale, risques systémiques, impunité et âpreté aux gains. ».
A cela Marc Roche rajoute clairement «  Le recours aux paradis fiscaux, aux hors-bilans, aux
sociétés offshore, à l'optimisation fiscale, aux liens étroits tissés avec les politiques ont contribué à la crise de 2008-2009 comme à celle de la dette souveraine de nos jours. ». C’est logique, le Shadow Banking siphonne en fait l’économie réelle en détournant délibérément l’argent du circuit traditionnel qui lui est surveillé et taxé.
Marc Roche souligne qu’il fait la navette entre la City et Wall Street depuis des décennies, ce qui le choque le plus est « l‘impunité des banquiers », il ira même plus loin affirmant en fait qu’ « Aucun banquier, même dans les cas de fraudes avérées, n'a été à ce jour inquiété, jugé et condamné … tous retrouvé du travail dans la finance, ont conservé leur retraite et parachutes dorés, et même leur titre nobiliaire dans le cas du Royaume-Uni ». Il fait ensuite un parallèle très intéressant avec « un gamin qui vole une bouteille d'eau pendant les émeutes de cet été écope d'une
peine de prison ferme de six mois en justice expéditive. C'est choquant. »
 
 
Un tel système parallèle n’a pu autant se développer sans la complicité et la corruption active de nombreux acteurs politiques, économiques et médiatiques. Il est le symbole même du règne de la corruption et de l’énormité des sommes d‘argent soustraites sciemment du système bancaire traditionnel censé aider au développement des hommes et des entreprises. En gros, cet argent clairement immoral est à la fois l’argent de poche du système et son bas de laine.
 
D’où provient tout cet argent est une question légitime et intéressante. Marc Roche nous a éclairé en parlant de hors bilan, paradis fiscaux, sociétés offshore, du grand fourre-tout de l’optimisation fiscale. En fait derrière ces beaux mots se cache en fait l’argent détourné aux Etats par le biais de l‘évasion fiscale et autres savantes turpitudes financiarisées, des mafias des drogues et du sexe, des dictatures déchues, les mallettes et pots-de-vin des politiques, industriels et autres corrompus alimentent ce Shadow Banking. On doit également y trouver
une part des milliards d’euros injectés par la BCE pour sauver le système bancaire traditionnel sous couvert d‘aide aux Etats européens. Il est clair qu’il doit être plus fourni en cash, si je puis dire, que le système traditionnel alimenté par le crédit, le travail et la sueur des hommes et des entreprises de l’économie réelle.
 
Le Medef a fait clairement état de sa position à la Direction du Marché Intérieur et des Services de la Commission Européenne le 31 mai dernier dans un un rapport de 5 pages.
Le MEDEF rejoint la Commission Européenne dans « l’objectif d’assurer l’inscription dans le cadre des secteurs d’activités de financements européens de réglementations adaptées ». En fait, le shadow banking est tellement développé qu’il ne reste plus qu’à le légitimer en lui taillant un costume législatif sur mesure.
 
Le MEDEF reconnait que sous le terme générique de shadow banking se cache en fait une multitude de pratiques et techniques financières. C’est également la reconnaissance noir sur blanc d’une « finance de l’ombre » comme le stipule le MEDEF. C’est aussi reconnaître que le système bancaire actuel n’est plus en mesure d’assurer une garantie des investissements. Quand on voit qu’officiellement 46.000 milliards d’euros y sont soustrait, ce n’est pas étonnant.
Il faut également noter que le système bancaire actuel est celui réservé prioritairement aux particuliers et petites entreprises. Les petits patrons, les artisans sont totalement dépendants du système bancaire traditionnel pour 2 raisons. En effet, les banques gèrent à la fois le compte de ces entrepreneurs mais également ceux de leurs clients …
 
Le MEDEF insiste sur le fait que le terme « Shadow banking » est un terme à « abolir »et préfère le terme plus soft et respectable de « finance non régulée ». Que cela veut-il donc bien dire? N’est-ce pas en fait tout simplement un moyen de remplacer un mot par un autre afin de l’habiller d’une implacable respectabilité de façade. Un peut comme parler mine de rien
du  "risque systèmique» pour parler en fait de méga crack financier qui mette sur la paille l’ensemble des petits épargnants du système traditionnel. Bref, rien de moins qu’un effondrement du système financier global. On y cours tout droit d’autant plus que bon nombre capitalisent sur le système parallèle affaiblissent de fait le système traditionnel.
 
Le MEDEF s’alarme de la dégradation des conditions de financements des entreprises européennes ainsi qu’ « Un réel risque d’altération du modèle européen de financement intermédié ». Que cela veut-il donc bien dire? Le financement intermédié désigne tout simplement un financement d’origine bancaire ... Donc on recommence et ça nous donne en fait qu’il existe un risque réel d’effondrement du système bancaire européen reconnu par le MEDEF. Tout cela pour basculer vers « une ère de financement davantage désintermédié » c’est-à-dire vers l’obtention de capitaux directement sur les marchés financiers. 
   
Le financement désintermédié est également appelé financement externe direct. Il ne fait pas appel à la transformation monétaire et permet de mettre directement en contact l’offre et la demande de capitaux. Cela veut également dire que le financement des entreprises se fera majoritairement sur le marché financier par l’émission de titres …      
 
Natatix a publié en octobre 2011 dans son Flash Economie, un dossier à usage restreint intitulé
« L’inexorable désintermédiation du financement des entreprises de la zone euro: est-on prêt à en assumer les conséquences? ». Leurs têtes chercheuses y expliquent clairement que le mode de financement actuel des entreprises de la zone Euro via le crédit bancaire « n’est plus compétitif » et que nous allons à grand pas vers un financement comme aux USA. En effet, le crédit bancaire aux entreprises représente 15% du PIB aux USA pour 90% dans la zone euro. Bref, pour tout un tas de raisons très techniques développées dans le dossier, résumée en fait par le besoin impérieux de maxicapitaliser, il est clairement dit que la désintermédiation était programmée. Elle se ferait très certainement sous 2 formes:
- La titrisation qui consiste à transformer des créances (en fait des dettes, des factures, des crédits) en titres financiers émis sur le marchés des capitaux. En gros, vendre de la merde à prix d’or à des gogos qui sont toujours les petits épargnants. La titrisation a été massivement pointée du doigt dans la crise des sub-prime de 2007 et le crack de 2008 qui nous ont tous entraînés dans la grande spirale de la récession et des politiques de rigueur.   
   
- Le développement du marché obligataire High-yield. Ces obligations sont à haut rendement en raison d’un risque plus élevé. Elles sont très voisines des junk bonds, des obligations pourries qui firent la fortune de Wall-Street jusqu’au crack de 1989.
 
Ces 2 solutions hautement spéculatives ont déjà largement montré leur limites. Les entreprises sont beaucoup plus fragiles et dépendantes du marché c’est-à-dire de la finance et du bon vouloir de ses grands manitous planqués derrière de le boucliers de savants algorithmes transnationaux.
 
La création de monnaie physique sera considérablement réduite de manière à favoriser
la monnaie électronique qui a encore du mal à s’imposer mais qui deviendra à terme la norme. Le gouvernement français est le garant de la bonne certification des ces portes-monnaie électroniques. Certains n’hésitent pas à même parler de  l’implantation d’une puce électronique type RIFD qui permettrait de régler la quasi-totalité de nos achats. En passant cette puce stockerait toutes les informations vous concernant et vous permettrait d’être constamment localisable.
 
Une des questions qui me vient également à l’esprit est celle du financement des PME, TPE, artisans, commerçants qui constituent le poumon de notre économie. Les petits n’arriveront pas à négocier avec la finance encore plus désincarnée et sans pitié qu’un brave conseiller financier. Et qu'en sera t'il du financement de ceux qui ne peuvent ouvrir leur capital en raison de leur petite taille?
   
Il en résultera la fin de l’initiative économique personnelle, de la petite entreprise. Il n’y
aura de salut que pour les  franchises qui couvriront l’ensemble des activités et services nécessaires. Tout le monde y passera, du coiffeur au plombier en passant par la femme de ménage, sans parler des commerçants qui sont déjà à considérer comme une espèce en voie de disparition, si je puis me le permettre.
Il n’y aura point de salut à la libre entreprise individuelle, c’est la mort des vrais petits patrons et la fin du rêve de monter sa boite. L’entrepreneur individuel deviendra en fait un éternel gérant qui trimera comme un âne dans une pseudo liberté millimétrée. Le but étant de redistribuer la majorité du travail aux financiers désincarnés et de tuer également la transmission de patrimoine. C’est la fin programmée de la petite entreprise et de l‘initiative individuelle. Merci le MEDEF de le dire dans vos rapports mais de le cacher aux petits entrepreneurs qui pensent que vous défendez leurs intérêts.    
 
La finance veut tuer les banques, tuer ce qu’il reste de rapports humaines entre le préteur et l’emprunteur, réduire la masse salariale pour favoriser les traders ou autre spécialistes financiers. Mes amis, il sera certainement un temps où l’on finira par regretter son banquier ou son conseiller de clientèle que l’on pouvait encore amadouer ou envoyer chier ...    
     
 
 
Stéphanie MARTHELY - Plume Citoyenne
 
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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 20:50
L’Intelligence Economique (IE) est la recherche, le traitement et la diffusion d’information essentiellement à usage industriel, économique et militaire. Les ancêtres de l'IE sont tout simplement les documentalistes qui utilisent depuis longtemps des outils spécifiques de recherche et de traitement de l'information.
 
Il est très intéressant d’utiliser les outils de cette science de l’information pour rechercher à titre personnel diverses informations pertinentes et de fait de se faire une idée plus juste de la réalité de la situation économique ou géopolitique. Si vous aimez rechercher par vous-même des informations, suivez ces quelques conseils afin d’accroître la pertinence de vos recherches informatives.
 
Le but de l’IE est de trouver l’information stratégique qui permette d’avoir une avance compétitive décisive sur la concurrence. L’IE doit permettre de décrypter les intentions des différents acteurs du marché et de connaître leurs capacités de réaction, de formuler leurs réactions stratégiques. L’IE comporte une partie veille informative, une autre de protection des informations et une dernière de développement de réseau d’influence. Nous ne occuperons ici que du volet veille c'est à dire de la collecte d'informations pertinentes.
 
De nombreuses têtes pensantes sont penchées sur le sujet et c’est ici le royaume de l’information à forte valeur ajoutée. L’IE se base sur les informations en open-source c’est-à-dire les informations publiques et bien souvent disponibles sur internet. Le net est à la fois la vitrine et la poubelle de l’humanité et il y a une multitude de pépites informatives, le tout étant de savoir les retrouver.
 
Pour cela des outils spécifiques sont mis en place et il n’est pas compliqué de savoir en utiliser certain. Ils permettent à tout à chacun d’optimiser sa recherche d’informations pertinentes sur internet.
 
Quels sont les outils de base de la recherche documentaire, la recherche à forte valeur ajoutée comme aime dire les principaux acteurs du secteurs?
 
- Les mots-clés
sont des mots ou des groupes de mots pertinents qui permettent de caractériser le contenu d’un document. Bien souvent ces mots sont hiérarchises dans ce que l’on appelle un thésaurus. Ce dernier permet de mettre en relation le langage naturel et celui contenu dans les différentes ressources disponibles. Les mots sont alors reliés par des synonymies, des niveaux hiérarchique et/ou associatifs. Ces techniques documentaires sont utilisés par les spécialistes du traitement de l’information. Le thésaurus de l’OCDE  entre autre un outil intéressant car il permet d’affiner ses recherches en aidant à trouver les termes associés ou génériques à un domaine bien particulier.
Donc avant toute recherche, il est conseillé de bien réfléchir aux mots que l’on utilisera et de les segmenter. Plus on sait précisément ce que l’on recherche et plus il sera aisé de trouver des documents pertinents sur le sujet. Il est également intéressant de savoir que l’ordre des mots influe sur le résultat de la recherche. Il est donc recommandé d’utiliser le mot-clé le plus pertinent en premier.
 
- Il est également conseillé d’utiliser les « » pour affiner sa recherche. En effet si vous tapez dans votre moteur de recherche JOHN CONNOR vous pouvez avoir une multitude de réponse qui ne correspondent pas à la personne John Connor mais qui ont les termes John et Connor dans leur texte, un terme pouvant être en début de texte et l‘autre tout à la fin et ce sans aucun lien pertinent.
Par contre si vous mettez « John Connor », les moteurs cherchent alors cette chaîne de caractères et vous aurez alors les résultats comprenant le nom JOHN CONNOR dans son intégralité et de fait, vous aurez éliminé un bon nombre de données sans intérêt.
 
- Il est aussi possible d’utiliser * pour une recherche sur internet quand on cherche un nom de la même famille. L’* remplace n’importe quelle chaîne de caractères ce qui permet d’étendre la recherche.
Ex: Journa* permet de trouver journal, journaux, journalistes …
 
- L’utilisation des opérateurs booléens (et, ou, sauf) est la base de la recherche documentaire. Cela permet d’utiliser un système d’occurrence afin d’affiner sa recherche et de minimiser les informations parasites qui ne présentent aucun intérêt stratégique. Ces opérateurs permettent de lutter contre le bruit (trop de références à compulser) ou le silence (à contrario aucune information ). Pour être efficaces, les opérateur booléens doivent être utilisé en majuscule et collé au terme que l’on souhaite inclure ou exclure.
           . L’opérateur ET ou AND (+) en anglais permettent d’inclure 2 termes ou plus dans une même recherche. Il est intégré par défaut directement sur tous les moteurs de recherche, il est donc inutile de l‘utiliser.
Ex: (Fruit +banane) ou (fruit banane) permettent de trouver l’ensemble des résultats comportant les termes fruit et banane dans la même source.
           . L’opérateur OU ou OR en anglais permet quand à lui de trouver l’ensemble des résultats comportant l’un ou l’autre des mots-clés. L’avantage de cette utilisation est surtout de pouvoir faire une recherche sur des synonymes.
Ex: (Fruit OR cerise) permet de trouver l’ensemble des documents comportant soit le terme fruit, soit le terme cerise, soit les 2 sur une même source.
         . L’opérateur SAUF (-) ou NOT (certain moteurs de recherches acceptent AND NOT) permet de trouver l’ensemble des documents comportant un mot-clé mais sans un autre mot identifié comme perturbateur.
Ex: Fruit -cerise permettra de trouver l’ensemble des documents comportant le terme fruit mais ne comportant pas le mot cerise.
     
 
Ces opérateurs sont la base de toute recherche documentaire optimisée. Ils peuvent se combiner et de ce fait permettent de réaliser des recherches plus affinées et d’éliminer un maximum de résultats non-pertinents.
     
 
Avec ces quelques éléments incontournables de la recherche documentaire, nous vous souhaitons de bonnes recherches sur internet.
     
 
 
Stéphanie MARTHELY - PLUME CITOYENNE
 
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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 17:45
 
Pour un nouveau siècle américain est un think thank, une oragnisation bénévole d’éducation, dont le but aura été de promouvoir le leadership mondial des USA. Certains disent qu'un Think Thank est un mot qui sent bon le Proter & Gamble pour dire en fait ramassis de vieilles ordures. A chacun son analyse et ses mots ... Cet organe sera actif de 1997 à 2006.
Dès le 26 janvier 1998, les membres de cette organisation appelleront, dans une lettre ouverte Bill Clinton, en plein Monicagate(rie), à mener une campagne en Irak pour renverser Saddam Hussein.
 
En 2000, ces éminents et respectables analystes rédigent un rapport sur la stratégie militaire intitulé « Rebulding America’s Défenses » ou "Reconstruire les défenses de l’Amérique » . traduit par ReOpen911.
Ce rapport fait suite à 2 études commandées par le Congrès qui concluaient en 1997 que le budget de défense allait continuer de baisser au mieux stagner. Depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et de l’effondrement du bloc communiste, les budgets colossaux alloués à l’armée n’avaient plus lieu d’être.
 
Qui retrouvons nous dans ce «Pour un nouveau siècle américain":
 
- Donald Rumsfeld a été de 1975 à 1977, le plus jeune Secrétaire d’Etat Américain à la Défense mais également le plus âgé quand il réintégrera cette fonction de 2001 à 2006 sous Bush. Il sera ambassadeur de l’OTAN à Bruxelles durant 2 ans sous Nixon puis Secrétaire Général de la Maison Blanche sous Gérald Ford où il aura pour adjoint … Dick Cheney.
En 1983, Romsfeld se rend en Irak alors en guerre avec l’Iran et il rétablit les relations diplomatiques avec Sadam Hussein avec qui il liera une relation amicale et confiante ... Il quittera temporairement la politique pour s’essayer au monde des affaires.
Il dirigera le groupe pharmaceutique SEARLE, l’inventeur du très controversé Aspartame. L’agrément de l’édulcorant sera obtenu quand Romsfield sera à la Maison Blanche. La vente de SEARLE à MONSANTO lui rapportera par la suite plus de 12 millions de dollars. On retrouvera également Rumsfeld dans l’affaire du TAMIFLU utilisé dans le traitement de la grippe aviaire. Cet antiviral était développé par Gilead Sciences dont Rumsfeld était président du Conseil d’Administration. Le ¨Pentagone passera pour 58 millions de dollars de commande.
Bush verra en Romsfeld pendant très longtemps comme un rival, ce qui lui vaudra une longue traversée du désert en politique. Ce n’est que grâce aux conseils de son vieil ami Dick Cheney, qu’il sera nommé à la tête du Pentagone en 2001 par George W. Bush. Rumsfeld sera chargé d’organiser la guerre contre le terrorisme en Afghanistan. Il aura pour adjoint Paul Horowitz avec qui il jouera un rôle prépondérant dans la guerre en Irak. Romsfeld fera également modifier la législation américaine de manière à rendre légale la torture quand elle est pratiquée sur des suspects en matière de terrorisme.
On retrouve également Rumsfeld dans l'affaire Winkler. L'armée sera accusée de financer  jamborees des Boys Scout Of America alors que ce mouvement discrémine ouvertement les athées, agnostiques et homosexuels. Un cour américaine reconnaîtra en 2005 que le financement se fait en violation du 1er amandement mais cela sera invalidé en 2007 en Cour d'Appel. Les jamborees continueront à être financés par l'armée.        
 
 
- Paul Wolfowitz sera quand à lui, trotskiste durant ses jeunes années. Il ne le restera pas longtemps et en 1977, il rejoint le Pentagone. On le retrouve de 1989 à 1993 Sous-Secrétaire d’Etat à la Défense de Dick Cheney. Il sera chargé entre autre de définir une nouvelle stratégie et organisation de la force militaire américaine au sortir de la guerre froide. En 1991, il financera la première guerre du Golf. En 2001, il devient Secrétaire Adjoint à la Défense et sera un des fers de lance pour l’invasion de l’Irak dès le lendemain des attentats du 11 septembre. Wolfowitz est considéré comme étant un des néo-conservateurs les plus radicaux. En 2005, il devient pour ses qualités humanitaires reconnues, président de la Banque Mondiale, censée aider au développement des pays les plus pauvres … Il s’y entourera de collaborateurs venant du Pentagone et de la Maison Blanche. Il devra quitter en 2007 son poste suite à différents scandales.
- Norman Podhetrz  un des fondateurs du PNAC et père spirituel du Néo-conservatisme  recevra en 2004, la médaille présidentielle pour la liberté, la plus haute distinction que le gouvernement américain puisse faire à un civil. En 2007, ce monsieur a été nommé "Gardien de Sion" par l'Université Bar Ilan de Tel Aviv, le titre le plus prestigieux décerné à un étranger par Israël.Il a fait également partie du Comité de Soutien de l’Institut bruxellois Turgot  qui se veut être le cercle francophone de réflexion libérale.
 
- Quand à Dick Cheney, il sera le très influent 45ème Vice-Président des Etats-Unis et il aura une influence majeure dans l’administration Bush. Cheney est de la famille du président américain Harry Truman. Cheney a commencé sa carrière politique directement au sein de la Maison Blanche sous Nixon. Cheney sera ensuite Secrétaire Général de la présidence du président Gérald Ford. A ce moment, il se distingue entre autre avec Donald Rumsfeld, alors Secrétaire à la Défense, en s’opposant à la politique d’apaisement d’Henri Kissinger.
Cheney a refusé de voter en faveur d’un jour férié en hommage à Martin Luther King alors qu‘il a voté contre l‘imposition de sanctions économiques à l‘Afrique du Sud ou sévissait encore l‘apartheid. Il s’opposera par contre à la création du Département Fédéral d’Education. Les priorités de ce monsieur ne sont clairement pas sociales.
On le retrouve également bien placé dans l’administration Bush père où il devient en 1989, Sécrétaire d’Etat à la Défense. Il supervisera l’opération « Tempête du désert », la première guerre en Irak, ce qui lui vaudra la médaille présidentielle de la liberté.
Durant les années Clinton de 1995 à 2000, Cheney dirigera Halliburton, un géant mondial de la fourniture de services pour l’industrie pétrolière et gazière. Halliburton et sa filiale KBR bénéficieront de très gros contrats en Irak sans être passé par la case appel d’offre. Il y sera également question de surfacturations à l’armée. En 2010, Haliburton payera 250 millions de dollars pour mettre fin à la plainte du Nigéria pour corruption contre Cheney et ses sbires.
En 2000, Cheney rejoint le Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA). Cet institut a pour principale mission la défense d’Israël et rejette tout processus de paix entrainant la création d‘un Etat Palestinien. L’Institut affiche néanmoins une mission de promotion de la démocratisation du Moyen-Orient . Dans ce groupe, on retrouve Jay Garner surnommé « le shérif de Badgad » qui sera premier administrateur de l‘Irak avant d‘être destitué … Peut de temps après, Cheney devenait le 20 janvier 2001, le 46ème vice-président des USA. Il accompagnera Bush jusqu’à la fin de sa mandature.  
           
 
Certain n’ont pas hésité à comparé le rapport du Think Thank à un véritable programme politique . Il y est clairement question de maintenir la supériorité nucléaire américaine, de procéder à des embauches massives dans l’armée, de repositionner les bases américaines et pas mal d’autres trucs va-t-en guerre.
Toutes ces infos sont publiques et disponibles pour ceux qui souhaite juste prendre un peu de temps pour comprendre ce qui se passe vraiment. Mes liens et sources n’ont rien de révolutionnaires, je ne fais qu‘un travail de synthèse documentaire.
   
Ce document fera polémique. Helen Cadilcott, militante anti-nucléaire et médecin australien, n’hésitera pas à comparer ce rapport à « Mein Kempf » et que la seule différence est qu‘« Hitler n’avais pas d’arme nucléaire ». Elle affirme que « C’est le document le plus effrayant que je n’ai jamais lu de ma vie. » . Il est tout de même intéressant de savoir que ces personnes envisagent une dictature militaire mondiale. Il y est également dit que pour tout que cela se mette en place, il est indispensable d’avoir un élément catastrophique et catalyseur « comme un nouveau Pearl Harbor ».
 
Tiens, nous retrouvons ici les amateurs de la « Théorie du Choc » si bien expliquée par notre chère Naomie Klein. Podhoretz n'hésitera pas à clairement dire dans une interview très intéressante à lire "Quiconque se penche sur le défi de la quatrième guerre mondiale qui a débuté le 11 septembre 2001, comprend qu'il n'y a qu'une seule option: adopter les idées néoconservatrices ou perdre la guerre."

Stéphanie MARTHELY - Plume Citoyenne
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Attentat du 11 septembre sur le Pentagone. Le grand public ne verra pas de vidéo de l'attaque terroriste contrairement à l'attaque des Tours Jumelles. Pour accéder à la version intégrale VF de"Reconstruire les défenses de l'Amerique" cliquez sur l'image ci-dessus.
  
 
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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 02:58

Fleur de Lys, lumière divine ;
L'armée céleste est en marche pour le salut du monde ;
Tremblez, courez, fuyez, bande d’impies ;
Vous avez détruit mes créations ;
Vous serez détruit par vos inventions ;
Vous êtes à la terre, ce que sont les abîmes pour les profondeurs ;
Et à la vie, un cancer généralisé ;
L'épée sacré, au chevet des humbles ;
J'abattrai sur vous ma colère ;
Car je vous le dis, la terre sera encore, quand vous ne serez plus ;
Vos noms serons effacés de la mémoire des hommes ;
Et votre descendance ne sera plus ;
Prenez garde, que je ne fasse sonner les cors ;
Pour le ballet des canges.

 

Léa GUEZO

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 10:29

L'actualité est passionnante mais elle file au jour le jour à la vitesse de l'information dans des cables en fibre optique. Il est néanmoins très intéressant de retourner sur ... l'actualité d'hier, celle qui est à peine inscrite dans nos livres d'histoire, celle qui n'est pas encore imprimée au fer rouge dans la mémoire collective.

Commençons par la petite histoire, l'insignifiante histoire de la création en 1997 d'une organisation bénévole d'éducation dont l'objectif est de promouvoir le leadership mondial des USA "Pour un nouveau siècle américain» ou (PNAC) qui a pondu un projet du même nom. Cette organisation mafieusement légale sévira jusqu'en 2006. Elle aura beaucoup d’influence notamment avec George W. Bush. Mais ne vous leurrez pas, tous ces imminents membres continuent d'être très actifs et sont toujours aussi influents sur l'administration Obama.

Très rapidement après sa création, dès le 26 janvier 1998, les membres de cette organisation appelleront, dans une lettre ouverte Bill Clinton à mener une campagne en Irak pour renverser Saddam Hussein.

En 2000, ces éminentes et respectables hommes d'affaires rédigent un rapport de 90 pages sur la stratégie militaire intitulé «Rebulding America’s Défenses » ou « Reconstruire les défenses de l’Amérique » . (Traduit par ReOpen911, association citoyenne militant pour l'ouverture d'une enquête indépendante sur cette tragédie car nombreuses sont les incohérences de la version officielle).

De part son articulation et son aboutissement, certain n’ont pas hésité à comparer ce rapport machiavélique à un véritable programme politique. Il y est clairement question de maintenir la supériorité nucléaire américaine, de procéder à des embauches massives dans l’armée, de repositionner les bases américaines et beaucoup d’autres trucs va-t-en guerre.

Ce document fera polémique, et Helen Cadilcott, militante anti-nucléaire et médecin australien, n’hésitera pas à comparer ce rapport à «Mein Kempf» et que la seule différence est qu‘«Hitler n’avais pas d’arme nucléaire». Elle affirme que «C’est le document le plus effrayant que je n’ai jamais lu de ma vie.» . Il est tout de même intéressant de savoir que ces personnes envisageaient alors très froidement une dictature militaire mondiale. Pour que pour cela se mette en place, il était indispensable d’avoir un élément catastrophique et catalyseur «comme un nouveau Pearl Harbor», bref un véritable traumatisme national.

Nous retrouvons ici des amateurs et experts de la «Stratégie du Choc» décrite par Naomie Klein. La journaliste nous explique clairement comment la CIA et les forces financières ont développé et mis en pratique une théorie et une pratique selon lesquelles des chocs physiques, psychologiques, environnementaux, sociaux peuvent modifier en profondeur et durablement, le comportement humain. Au passage, la crise financière fait également partie de cet armada répressif et totalitaire. Myriet Zaky, une journaliste financière suisse l'a très bien expliqué comment cette crise a été créé de toute pièce dans son intervention " L'Etat et les banques, les dessous d'un hold-up historique".

Bref, revenons à nos moutons et penchons nous sur ces différents cerveaux et membres fondateurs qui ont mis en place ce rapport de mort sous couvert d'une belle réflexion constructive pour l'avenir de l'humanité. Alors, nous y trouvons entre autre:

- L’ancien secrétaire à la défense Donald Rumsfeld,

- Paul Wolfowitz l’ancien Secrétaire Adjoint à la Défense de 2001 à 2005 puis Président de Banque Mondiale de 2005 à 2007 date à laquelle il doit démissionner pour une affaire de népostisme,

- L'ancien 46ème vice-président des Etats-Unis Dick Cheney, plus un paquet de beau monde un peu moins médiatisé mais tous sacrément activement influents. Dick Cheney avait dirigé de 1995 à 2000, Halliburton, société d'ingéniérie civile spécialisée dans l'industrie pétrolière. Cette dernière a remporté de très gros contrats en Irak en 2003 et cela lui sera repproché. Il sera également épinglé au Nigéria dans une sombre affaire de corruption. En 2010, Halliburton payera pas moins de 250 millions de dollars pour mettre fin à la plainte déposée par les autorités nigériennes.

- Il a bien d'autres personnes un peu moins médiatiques mais tout autant influentes dans l'administration Obama.

Norman Podhoterz un des fondateurs du PNAC et père spirituel du Néo-conservatisme recevra en 2004 pour ses bons et loyaux services à la nation Américaine, la médaille présidentielle pour la liberté. Fichtre, ce n'est pas rien, c'est tout de même la plus haute distinction que le gouvernement américain puisse faire à un civil. En 2007, ce monsieur a été nommé"Gardien de Sion" par l'Université Bar Ilan de Tel Aviv, le titre le plus prestigieux décerné à un étranger par Israël. Il est également intéressant de savoir qu'il a fait également partie du Comité de Soutien de l’Institut bruxellois Turgot qui se veut être le cercle francophone de réflexion libérale. Podhoretz n'hésitera pas à clairement dire dans une interview très intéressante à lire "Quiconque se penche sur le défi de la quatrième guerre mondiale qui a débuté le 11 septembre 2001, comprend qu'il n'y a qu'une seule option: adopter les idées néoconservatrices ou perdre la guerre." ... Gloups voilà qui a le mérite d'être explicite.

A bien y réfléchir, avec le recul que nous pouvons avoir aujourd'hui, le 11 septembre 2001 semble être venu à point nommé. Cette coordination de 4 attentats-suicides a changé à jamais la face du monde. Le traumatisme fut mondial et instantanné. Il est vrai que chacun sur cette terre se souvient exactement de cette journée, de ce qu'il faisait quand cette terrible nouvelle a foudroyé le monde. L'image des Tours Jumelles fait partie de l'inconscient collectif mondial. Paix aux âmes des innocents tués par ces pantins sanglants.

Il se trouve également que depuis la guerre froide en Afghanistan, l’islamisme est un outil géopolitique américain par le bias de soutien actif en armement, formation et argent à différents groupuscules fondamentalistes. C'est pour combattre l'URSS que la CIA a aidé à la cration d'Al Qaïda par le saoudien Ben Laden. Peu de temps après la chute du mur de Berlin, les USA trouveront dans l'islamisme le nouvel outil de bipolarisation du monde qui lui est si bénéfique stratégiquement et économiquement. La France était au courant bien avant le 11 septembre de la possibilité d'un attentat majeur. En dévoilant cette information, le journaliste Guillaume Dasquier , journaliste au Monde du temps d'Edwy Plenel, fera la terrible expérience que l'Etat français via la DST ne souhaite pas faire la lumière sur le 11 septembre.

Avec le recul, nous voyons ce qui s'est passé en Afganistan, en Irak, en Lybie, actuellement en direct en Syrie et demain en Iran. Partout la guerre, de pseudo-démocraties instaurées à coup de bottes dans des pays en pleine guerre civile qui se font littéralement piller par les américains et ses différents alliés. C'est également la guerre de l'information et de la propagande. Il existe des officines ayant pignon sur rue et toutes plus respectables les unes que les autres. Prenons l'exemple de MEMRI, créé en 1998, le Middle East Media Research Institute qui se présente comme étant l'Institut de recherche des medias du Moyen-Orient, une référence pour l'ensemble des merdias de masse européen et américains. MEMRI se déclare étre " une organisation indépendante, non partisane, à but non lucratif. Ses bureaux sont situés à Londres, Tokio, Rome, Bagdad et Jérusalem. MEMRI fournit des traductions en anglais, allemand, espagnol, français, hébreu, italien et japonais." Sur ce même site en cherchant un peu, on tombe sur une page intéressante car MEMRI se présente comme étant " A vital component in the US War of terror." Ce n'est pas très indépendant comme point de vue. On peut quelque peu douter de l'objectivité de cette référence internationale des grands merdias de masse mondiaux pour tout ce qui relêve des médias du Moyen Orient. Il est très intéressant de faire un petit tours sur sa page Facebook et de cliquez sur l'onglet support de la page. Et là, il faudra peut être insister car la page affichera des problèmes avec le contenu de sécurité mais cela vaut le coup, mes amis c'est la caverne d'Ali Baba et ses 40 voleurs.

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Bref la liste est impressionnante de l'administration américaine qui est aidée via cet organisme de référence qui se dit totalement indépendant et neutre dans la lecture des médias arabes. Comment est-ce possible? Ils ne s'en cachent même pas, c'est fait au nez et à la barbe de tout le monde dans le silence plus que coupable de nos gouvernements et merdias européens. Le dernier rapport de MEMRI en date du 27 juillet et signé par son très impartial "Executive Director" de MEMRI, Steven Stalinski fait état de l'utilisation massive du "Hizbullah" d'internet et des réseaux sociaux. Tout y passe, google, les gadgets d'Apple, Facebook, twitter, les chaines Youtube, Androïd ... Bref, l'occasion rêvée offerte sur un plateau d'argent de nettoyer le net en cas d'attaque terroriste majeure de tout opposant à cette vision unilatérale de la situation géoplotique mondiale.

Mes amis, il faut voir les choses en fasse, aujourd'hui le dollar se meurt entraînant l'euro et le reste du monde dans sa chute infernale. L'ensemble des institutions et dirigeants européens ne semblent pas être décidé à changer fondamentalement cet état de fait. La BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), les grandes puissances émergentes ont pris une décision capitale le 29 mars dernier à l'issue du Sommet de New Delhi. Cette information capitale est passée innaperçue dans nos merdias de masse. Ces pays souhaitent simplement avoir leur propre banque de développement, ce qui ne plait pas aux USA, ni au FMI, ni à la l'OMC. Ces pays qui ont tout compris ne souhaitent plus également utiliser le dollar pour leurs échanges internationaux car ils ne souhaitent pas soutenir plus qu'ils ne l'ont déjà fait l'économie moribonde des USA. Le point faible de ces pays bien identifié par les américains est l'approvisionnement énergétique de l'Inde et de la Chine assuré en grande partie par le pétrole iranien. Il se trouve que l'Iran est également l'ennemi à abattre d'Israël.

L'Europe qui devrait montrer son indépendance est totalement inféodée aux américains qui ont pris en otage avec la complicité des politiques son système bancaire et monétaire. L'Europe n'est même pas en mesure de réagir efficacement au gigantesque scandale du Libor qui lui a coûté la peau des fesses. La belle Europe préfèrant mettre en place le MES, une putain de méga structure qui permettra aux pires banksters emparfumés et amidonés de la terre d'être totalement immunes et au dessus de toute législation et Etat souverain. Même les USA n'ont pas osés en faire autant ... Sans oublier le très discret projet INDECT de la Commission Européenne qui consiste à mettre en place une surveillance systèmatisée de l'internet, de l'ensemble des ordinateurs personnels qu'il couplera avec nos données biométriques récupérées via les caméras de surveillance, les empreintes ADN et vocales. Un super méga Big Brother ultra sécuritaire.

Mes amis, appelons un chat un chat. Les rumeurs sur internet d'un attentat aux JO de Londres sont plus qu'insistantes et préoccupantes. Et elles sont bien antérieures et différentes que l'annonce faite dernièrement par Israël sur les possibilités d'attentats de la part de ... l'Iran et relayée massivement pas les merdias. Comme c'est bien pratique ... Différents éléments géopolitiques vont effectivement dans le sens de l'imminence d'un attentat terroriste d'envergure. En 2010, la fondation Rockfeller imagine un attentat lors des JO de Londres qui feraient 13 000 morts.

Et s’ils avaient besoin d’un second "élément catastrophique et catalyseur" ? Et si les JO de Londres étaient le lieu idéal du second acte vers l’absurde barbarie relayée par des merdias complaisants? Cela serait le comble alors jamais les JO n'auront été aussi sécuritaires ... Il ne faudra pas se leurrer, en cas d'attentat, ces JO signeront à jamais la totale incompétence de nos speudo-élites à assurer la sécurité et l'avenir serein des populations ainsi que la signature de leur ignominie la plus abjecte dans le sang des innocents.

Il faudra alors mettre les gouvernements complices, les merdias de masse qui livreront une verion pré-machée des faits et les financiers impliqués devant leurs parts de responsabilités. La création d'un Tribunal International des crimes et génocides financiers sera l'urgence absolue. Il ne faudra pas attendre pour se lever de part le monde pour dire non car après il sera certainement trop tard. Cela sera l'occasion rêvée de mettre en place une politique ultra-sécuritaire.

Je préfère encore être de ceux qui crient au loup et me tromper que de m'être tue en attendant l'horreur. Si rien ne se passe mes amis, c'est que nous aurons gagné cette bataille de l'information ...

Espérons tous que les JO soient la grande fête du sport qui unissent les hommes et non celle du sang et de la traitrise. Espérons qu'ils n'osent donner le feu vert à l'horreur la plus absolue. Car si cela arrive, très nombreux seront les fautifs d'avoir laisser agir des malades de pouvoir et de pétro-dollars. Vous aurez tous du politique, au journaliste qui n'aura rien dit en sachant tout, le sang de ces innocents sur vos mains manucurées.

Ne laissons rien passer, nous ne sommes plus ignorants comme il y a 11 ans. La technologie, les moyens de communications, les médias traditionnels et alternatifs nous permettent d’avoir le recul nécessaire pour comprendre les enjeux géopolitiques actuels. C'est avant tout la guerre de l'information qui se joue, rien n'est fait. Ils peuvent encore faire marche arrière si le risque d'un soulevement mondial de protestation est supérieur à l'acceptation docile des peuples. L'Espagne, le Canada, le Mexique, la Grèce, le Portugal et bien d'autres peuples se lèvent. Il se pourrait que sa colère, devant cette mascarade de trop vous, emporte de rang ...

 

Stéphanie MARTHELY - Plume Citoyenne

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 17:18

La web-radio libre et participative No Pasaran FM vous propose sa première soirée spéciale, une free party numérique avec Spirale Trib, un sound system tekno anglais. Très actif durant la première moitié des années 90, Spiral Tribe ou Spi est à l'origine du Mouvement free party en Europe.

 

Ancêtre des rave party, la free party est une fête techno gratuite ou dont le tarif est libre à l'entrée. La free party se déroule souvent en pleine nature (champs, forêts, montagne) ou en milieu urbain ou semi-urbain dans des usines ou hangars désaffectés. Le lieu est tenu secret jusqu'au déroulement de la fête.

 

La free party est également considérée comme une Zone Autonomne Temporaire ou ZAT (TAZ en anglais). On parle de plus en plus de Zone Artistique Temporaire. C'est un peu comme si le lieu de la fête devenait le temps d'une soirée un Etat de liberté dédié à la musique et la danse avec un peu de sexe, de la bière et de la drogue. Les merdias aiment dresser un tableau terrifiant des rave party alors qu'en fait cela n'est que l'expression du besoin de liberté de la jeunesse. En quelque sorte, ces manifestations ne sont que les petits-enfants électro de Woodstock.

 

Bien entendu, les autorités voient cela d'un très mauvais oeil et comme étant une zone de non-droit et le squattage d'espaces privés. Du coup, il y a moins en moins de free party basées sur la clandestinité mais plus de rave party, réglementées et en lien avec les autorités. Les démarches et autorisations administratives sont très lourdes pour les organisateurs et rares sont les communes et préfectures qui acceptent de tels rassemblements sur leur territoire. Il existe un livret à l'usage des démarches de concertation "Free party - Techno" de l'association Trempolino. Il est très intéressant, structuré, truffé de bons conseils pour organiser en toute sérénité de telles manifestations. Il est disponible en format pdf ici.

 

Il existe un site www.free-party.fr qui est un espace d'expression libre ou les utilisateurs peuvent entièrement remplir et paramétrer différentes catégories. Vouspouvez vous inscrire et  ajouter vos photos, vidéos, mp3, articles, annonces, ... ou profiter de ceux des autres. Pour accèder au site, c'est ici.

 

Le site www.illegalparty.com propose un agenda et des infos régulièrement mis à jour sur les différentes manifestations en France. Le site est disponible ici.

 

Bonne soirée sur No Pasran FM. Pour vous connecter, restez sur cette page de minuit à 2 heures ...

 

Ca va chauffer ...

 

Free Party numérique sur No Pasaran FM, free blog et web-radio ...

 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 14:49

La peur est partie, laissant derrière elle, intacte le constat d'urgence, un moral d'acier et une détermination à agir sans faille...

Certains diront que c'est le temps, d'autre la fin du harcèlement d'un prêcheur libéral sur mon mur, l'élan d'enthousiasme que vous me communiquez ...

Je ne sais pas... Elle s'en est allée, laissant place à la sérénité propice au recul.

C'est alors que je l'ai vu...

Ce clown Mac Donald ridicule, bouffi et bonhomme, agité de soubresauts nerveux, engoncé dans un collant moulant trop petit évoquant la tenue bleue bien connue et brodé d'un S et du fameux M arrondi.

Ce clown affublé d'un énorme nez rouge que l'on imaginait sans peine dissimuler l'énorme furoncle purulent, manifestation physique involontaire de sa pensée pourrie.

Un clown dont le visage grimaçant rieur et les yeux de vaches dissimulés sous de petites lunettes proprettes accentuaient encore le côté dérisoire et grotesque...

Son maquillage craquelant à la lumière de ses propres contradictions laissait entrevoir une chair putréfiée sans doute arrachée à toutes les victimes anonymes de sa logique destructrice, dont il avait cru de bon goût de se confectionner un masque.

Dans ces mains, un lance flamme déguisé en sceptre et dans son dos un réservoir vieillissant fuyant de toute part, sans doute par soucis d'économie, et laissant augurée une fin heureuse pour notre entrevue...

Ce Surhomme (Super Man) décadent, survivant d'une concurrence féroce, de tant de tricheries, de mépris, de suffisance et de haine opportuniste, appuya enfin sur la détente et disparu aussitôt dans un nuage autodestructeur d'hydrocarbures et de flammes.

 

Et dire que c'est de lui dont j'avais si peur...

Mais je sais maintenant que ce rêve prémonitoire est à porté de nos luttes.

Nous savons maintenant où aller tous ensemble pour rendre réel ce rêve et quelles sont nos armes pour l'abattre.

Démocratisation de la société pour concilier intérêt individuel et commun

Salaires inconditionnels libérant le travail du carcan décisionnel des possédants

Monnaie distributive, locale, fondante ou écologique transformé en instrument de mesure autant que d'échange

Education populaire et libre tout au long de la vie.

Information libre et pluraliste

Gratuité de ce qui est nécessaire à la vie

Re définition du sens des mots travail, peuple, Démocratie, profit, intérêt, propriété....

 

A demain dans la rue, car nous savons maintenant ou notre "utopie" nous mènera à affronter le "sérieux" de certains...

Et merci à vous d'être là!

 

Nicolas POITIER

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 01:59
Big Brother est bien là ... Il rode autour de nous ... George Orwell  avait bien raison, pauvre de nous.
Ce que l'on sait moins, c'est que cet homme engagé s'est rendu en Espagne avec son épouse et passe quelque temps sur le front avec Aragon. Il y sera même blessé à la gorge. Il écrira sa vie durant de nombreux articles, poèmes et romans. 1984 est son oeuvre de référence, triste génie visionnaire. Aujourd'hui, c'est l'actualité qui ressemble à du Orwell ...
Le dernier message vidéo à bien écouter de ce grand homme mort de tuberculose à 47 ans.
 
________________________
Orwell décrit une Grande-Bretagne postérieure d'une trentaine d'années à une guerre nucléaire entre l'Est et l'Ouest censée avoir eu lieu dans les années 1950, où s'est instauré un régime de type totalitaire fortement inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. La liberté d'expression en tant que telle n’existe plus. Toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d’immenses affiches trônent dans les rues, indiquant à tous que « Big Brother vous regarde » (Big Brother is watching you).
Pour accèder à "1984" dans son intégralité et gratuitement sur www.ebooksgratits.com, cliquez sur la photo ci-dessous.
     
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Stéphanie Marthely - Plume Citoyenne 
 
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